dimanche 8 août 2010

Introduction

Moi, c'est pas pour me vanter, mais j'aime les livres... Alors voilà mon encyclopédie personnelle, avec deux caractéristiques:
1-sans recherche érudite sur l'histoire de cet objet (y'en a d'autres qui ont fait ça magnifiquement, Manguel par exemple).
2- sans l'aspect "je me souviens" (Perec) consistant à partager -ou non- les nostalgies de nos histoires avec les livres.
Quelque chose dans l'entre-deux, personnel mais pas forcément ennuyeux pour les autres.




Commençons par A 

Acheter: J'adore en acheter. Neufs, en solde ou d'occasion, le plus souvent aux puces. Ça s'achète comme un melon, on le palpe, le respire, l'époussette et il faut en essayer douze pour en trouver un bon. Mais les meilleurs, ceux que je savourais le mieux, étaient ceux que j'achetais neufs, de l'année ou non, avec le bon d'achat annuel de mon patron (la Mairie) ! cette impression de ne pas perdre d'argent, de pouvoir s'offrir une petite folie, parce que c'était un chèque-livre, un fond déjà bloqué chez le libraire ou au BHV. Plus rarement: recevoir un colis, et l’on adore couper les ficelles, décoller l'adhésif, déchirer le carton... 

Alphabet. Bien pratique, bien plus, indispensable pour classer, retrouver. Les lettres, les caractères c'est génial, mais c’est l'ordre alphabétique qui a peut-être joué un rôle définitif dans la culture humaine. Sans lui, (ou bien sans moteur de recherche ?) impossible de consulter un dictionnaire! Pire: pas de dictionnaire possible ni d'encyclopédie... Ce détail apparemment mineur mais en réalité impératif est gravé profondément dans notre mémoire (et comment ça se passe en Chinois ?). 

Ami: On le lui prête, on le lui emprunte, on le lui conseille, souvent en vain, on lui offre ou il nous offre un livre. Et il y a toujours de la jalousie dans l'air; (T'as pas lu çà? Tu devrais!). Les amis de mes amis ne sont pas mes amis, pas forcement, et il en est de même pour les livres. Mais alors, puisqu'on dit que le livre est un ami... 

Arme. C'est une arme dans la vie, oui, bon, d'accord, c'est aussi une arme dans les polémiques, ça se brandit comme la Bible où le défunt petit livre rouge de Mao, mais je parle ici d'un véritable usage matériel, offensif (contondant, cf. Usage) ou défensif: comme bouclier par exemple: combien d'histoires où le livre arrête une balle qui allait droit au cœur! Pour certain jeune poète romantique, la balle n’a pas été stoppée, et ses amis –dont V.Hugo- ont publié son recueil en respectant le trou laissé dans le manuscrit ! Ou bien encore pour bloquer l'attaque d'un vampire qu'on force alors à y planter ses canines (Bal des Vampires); arme défensive, donc, mais il y a aussi l'usage offensif comme par exemple quand l'annuaire téléphonique sert à taper sur la tête d'un suspect (cela ne laisse pas de traces!)

Ateliers de lecture : ceux de Lirio, ceux de JP etc. Promotion de la lecture, au départ les assistants ne lisent pas, ils écoutent 


Babel: Après Borges, on aurait tous envie de visiter cette bibliothèque. Oui, peut-être qu'elle s'appelle maintenant Internet. Celle d'Alexandrie n'était pas mal non plus, dit-on, avant l'incendie (penser que Cléopâtre, distraite par l’amour, avait peut-être oublié de rendre quelques volumes –rouleaux, dans son cas- , romans d'amour, traités de géopolitique, qui furent donc sauvés). La vraie tour de Babel, la babeliothèque, c'est cette pile de livre qui monte jusqu'au ciel: impossible, combien de colonnes de cette espèce nous sont-elles tombées sur les doigts de pied depuis l'époque de notre chambre d'enfant ! et babiliothèque pour les bébés... 

Bibelot: cf. restauration  

Bible: Un gros livre composé de livres. Longtemps, étant athée, quoique étant tenté, je me suis tant tâté que n'ai pas voulu l'acheter. Le premier missionnaire qui passe me l'offrira, pensais-je! Comme à la maison, quand j'étais petit ("En souhaitant que ce livre vous soit un guide..."). Eh bien non, j'ai fini par être obligé de me l'offrir (dans la collection… Bouquins, bien sûr.) 
J'ai écrit un jour un article - pour le Jour International du Livre- qui le vantait, sans le nommer, comme un parfait thriller (crimes, sexe, intrigues etc..) ; pas très original, je sais. 

Bibliothécaire: C'est un être farouche dont la principale mission semble être d'empêcher par tous les moyens que le livre quitte son rayon, soit ouvert, ou pire encore, lu. Il rêve d’heures d’ouverture réduites au minimum, de cartes de lecteur impossibles à obtenir, de reliures en papier de verre, ou mieux, en peau d’oursins. 

Bibliothèque: Il m'arrive, et ce n'est pas par anglophilie, de dire librairie pour bibliothèque, et inversement... D’abord, parce que je ne suis pas fort pour les bibliothèques, et puis parce que dans ce domaine je suis un Don Juan: tous les livres sont, seront ou devraient être à moi, ce qui n'empêcherait pas qu'ils soient possédés par d'autres, avant ou après... (plutôt après, à cause de ceux qui écrivent dessus et qui soulignent). Montaigne parle très bien -of course- de la sienne (de bibliothèque). Je pense aussi aux involontaires bibliothèques itinérantes; non, pas les bibliobus: les voitures de métro, les wagons, les avions, les voitures familiales en vacances; autant de bibliothèques provisoires dont il serait curieux de répertorier le catalogue plus ou moins aléatoire. Ma voisine antillaise absorbée dans son Nouveau Testament, ce monsieur sérieux avec le dernier Berberova, ces avions pleins de Stephen King ou John Grisham, et de livres de self-improvement. etc..
  • Dialogue:
    -J'ai trop de bouquins chez moi, plus de place...
    -Tu les as tous lus ? 
    -Plus ou moins, oui.
  • Alors, pourquoi tu les gardes ? 

    Bottin : mondain ou pas ? qui était M.Bottin, et lui-même, est-il dans son livre ? 

    Bouquin: Est-ce que ça vient vraiment de bouc? A cause de la peau de chèvre? Je croyais, mais cela parait douteux, dommage, ça aurait aussi donné book. 
    En tout cas à Paris et quelques autres lieux, on doit absolument poser la question de cette façon : - Alors, ton bouquin, ça avance? - Tout le monde a, ou doit avoir, un bouquin en gestation.
Ne pas confondre avec le cornet à bouquin, sorte de corne de bouc servant de trompette très douce dans la musique ancienne; ce serait pourtant un joli nom pour une librairie. Une librairie musicale, bien sûr. 

Bouquinistes : oui, ils méritent un article.... ca viendra.

Bras : Point commun avec le livre : il y a un index au bout. Par contre, dans une rame, il y a vingt mains. Etrange, non ? preuve que l’édition serait donc bien une sorte de galère. En espagnol, galera désigne les épreuves transmises à l'auteur par l'imprimeur.

1 commentaire:

Juan a dit…

Le vendeur :

- Je vous propose tout Balzac relié en véritable peau de cul de singe for 99.99 USD !

Le client potentiel :

- Des livres ? Pourquoi faire ? J'en ai déjà un à la maison !