samedi 7 août 2010

K,L,

K,L
2.Kafka: J'ai obligé un flic à lire Kafka: Nicaragua vers la fin du règne de Somoza le dictateur, au passage de la frontière, le flic de service qui fouillait mon sac à dos, intrigué par le titre d'une nouvelle du recueil (en espagnol " Descripción de una lucha") s'est mis à le lire pour en savoir plus; vu l'atmosphère quelque peu hostile qui régnait, je ne lui ai pas demandé ce qu'il en pensait. Mais il semble avoir trouvé ça pas très marxiste puisqu'il m'avait laissé passer.

3.Lecteur: c'est rassurant, c'est mathématique: malgré tout ce qu'on peut dire et le scepticisme des auteurs, le nombre de lecteurs sera toujours supérieur - de peu, parfois, certes - au nombre des écrivains!

4.Lecture : Je lis parfois le bouquin d’un seul trait, soit parce qu’il est passionnant, soit parce qu’il n’est pas assez bon ; j’ai quand même envie de le finir, mais si je le laissais un seul instant, je n’aurais plus l’envie –ou le courage- de continuer. Il y en a –réputés bon, voire géniaux- que j’ai repris tant de fois et jamais finis (je me dis que leur heure viendra, mais il est vrai que la vie est courte !) : l’Ulysse de Joyce, Paradiso de J.Lezama Lima, par exemple.

5.Lettre: plaisir indiscret mais raffiné que de trouver une lettre dans un livre; soit une lettre sienne ou d’un proche, d'un époque lointaine, donc véritablement lettre d'un autre, ou d'un autre soi-même, soit une lettre d’inconnus, encore plus appétissante. Tickets de métro, billet de train, facture... Il y a aussi les romans épistolaires (le chef-d’œuvre serait Les Liaisons Dangereuses, non ?) et les recueils de correspondance, genre « Paul Machin et Marcel Blochitz, une amitié littéraire », tome 3, 1922-1947.

6.Liberté : libérer les livres c’est paradoxalement leur trouver un nouveau maître... Quand on a pris la Bastille le 14 Juillet, on a libéré, paraît-il, toute une bibliothèque qui se composait des livres condamnés, peut-être par une lettre de cachet, comme un quelconque Marquis de Sade, et condamnés à la détention dans cette royale prison.

7.Librairies, library : dans les hôtels que j'ai beaucoup fréquenté, il y avait toujours (souvent) un petit lot de livres laissés par les autres routards, (encore une sélection assez partielle, bien sûr en anglais majoritairement). Moi, j'ai parfois contribué par mes échanges à y faire remonter le niveau de Français ou d'Espagnol, et le niveau littéraire, pourquoi pas... Je n'ai pas connu ceux où, dit-on, il y a toujours une bible dans le tiroir de la table de nuit. D’ailleurs on l’aurait volée.
Il y a en Angleterre ce village entièrement constitué de librairies, Hay on Wye, et sans doute l’exemple s’est répandu dans d’autres pays : j’ai visité en France celui de Montolieu…., mais dans ces endroits-là, je frôle la surdose !...

8.Lit: Que de lectures dedans! On lit dans mon lit, oh combien! on dit en argot, le pageot ; se mettre au page donc, à la page ! Parfois, étant enfant, avec une lampe de poche, sous les draps; non que la lecture soit prohibée, mais simplement parce qu'il est tard, il faut dormir, demain il y a école! Et comment tenir le bouquin sans avoir de crampes ? toutes sortes de dispositifs ingénieux sont destinées à faciliter cette activité; certain ressemblent aux dispositifs des cliniques pour faire manger les malades alités... A la Foire du Livre, chaque année se présente cet artisan qui a mis au point un lutrin pliant ultramoderne en tiges de métal... Et je finissais parfois par dormir la joue contre le livre comme sur un coussin. A l'abri de ses couvertures.

9.Litanie : Etrange litanie des noms d’éditeurs : Grasset, Fayard, Fasquelle, Gallimard, Denoël, Privat, Pauvert, Julliard, Plon, Seghers, Bourgois, Maspéro, etc.. etc.. Ça ne se fait plus tellement aujourd’hui ; on trouvera plus facilement « Carrefour de sens », « feuilles libres » ou « Espace azur » ou encore EPM éditions, classéX, ou « la muette »...

10.Livre: Le mot lui-même peut aussi faire partie de son titre. Le livre du..., Le grand livre des...., Le petit livre de..., Mon premier livre de..., Le livre de la....., le livre blanc, le grand livre de..., le Livre du Maître, et les Livres des morts (tibétains, égyptiens...), le livre de Job, le Livre de Monelle, Le Livre de l’Hospitalité....

11.Loup: la preuve que j'ai appris à lire, par moi-même, avec les Contes du Chat Perché de M.Aymé. J'ai aussi appris par la même occasion que tous les loups n'étaient pas forcément mauvais ni méchants . Un jour, à l'âge de 4 ans, j'ai donc étonné mes parents qui me menaçaient du loup, en protestant: - Mais non, il n'est pas méchant le loup ! Lequel ? Celui du livre ! Tu l'as lu ? Mais oui, et il n'est pas méchant du tout ! C'est ce jour-là qu'on a su que j'avais appris à lire "tout seul"... Et que j'ai compris que je disposais d'un nouvel instrument pour évaluer, voire réfuter, les affirmations des adultes et tout spécialement des parents..... Comme par hasard, on trouve la même anecdote dans la Gloire de mon Père, de Pagnol.

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