lundi 10 mai 2010

R

lettre R


Radioactivité: Il y a des livres qui dorment à coté de moi en ronronnant comme des générateurs. Je ne les lis pas (ou je ne les lis plus) et pourtant ils irradient l'énergie qui fait que je serais différent s'ils n'étaient pas là. Ils sont installés dans mon inconscient et m'influencent en permanence. Je sais qu'ils sont là, qu'ils existent; un jour peut-être je les reprendrai, mais ce n'est même pas nécessaire...

Rame : 500 feuilles, donc 20 mains. 20 mains par rame c’est une vraie galère.

Ravages: Dans l’ombre de la vieille bibliothèque pleine d’abjects grimoires le personnage (un méchant) a commis l'erreur d'ouvrir le livre interdit. Aussitôt, une lumière fantasmagorique jaillit des pages et son regard, pour quelques secondes, s'emplit d’une terreur sans nom; littéralement fasciné, il n'a même plus la force de refermer le livre. Bien sûr, le spectateur  -nous- se trouve du bon côté du phénomène et peut voir l’ombre géante de la victime s’agiter comme une flamme sur le mur: et voilà que la lumière infernale s'accentue encore, l'expression de terreur disparaît parce que le visage lui même disparaît sous nos yeux, ravagé pas ce souffle de feu venu droit des enfers; peu à peu la chair se déchire, se ratatine, s’arrache, les os apparaissent, et le crâne ricanant (peut-être même qu'il a eu le temps de comprendre ce qui était écrit!) disparaît en poussière... le Livre retombe sur la table, attendant la prochaine victime, qui, poussée par la cupidité, négligera bien sûr les multiples avertissements mentionnés par la légende, écrits dans la crypte, sur la couverture du grimoire, ou sculptés à proximité.

Rayon: Ceux du soleil, ceux des roues de bicyclette, ceux des bibliothèques. Mais on parle aussi des rayons d'une ruche, bourrés de miel: ne rayons pas le livre, butinons!

Récupération: les auteurs et leurs oeuvres classiques, indispensables et représentatifs qui faisaient partie des programmes scolaires étaient pour cette même raison bannis de mon intérêt; adolescent je n'avais en général aucune confiance en un maître ou un professeur. Puis je les ai récupérés presque systématiquement, après, et ça continue...
D'un autre côté, je me vois comme un sauveteur en haute mer, les volumes que je trouve aux puces, à la casse, dans la rue, sur le couvercle d'une poubelle, dans une vente de garage ou soldés quelque part m'apparaissent comme des naufragés, victimes des tempêtes de la vie privée ou des vicissitudes de la distribution, et que je vais sécher, nourrir, restaurer, héberger et même en général adopter.

Reliure : suivant la reliure, le titre, avec parfois d’autres précisions, figure sur le dos du livre. Autrefois il était écrit en travers, parfois en abrégé ; dans les longs rayons des bibliothèques, les livres étaient debout et les titres horizontaux. Ça continue avec les gros livres, mais avec les livres de poche, se pose le problème : les dos, ça se lit de haut en bas ou de bas en haut ? Pas de décision universelle, par rapport à la couverture. Donc si on parcourt un étal horizontal, les bacs d’un bouquiniste ou les rayons d’une librairie, on doit incliner la tête sur l’épaule gauche, puis sur l’épaule droite suivant les collections ; bref, si on ajoute à cela la position de celui qui tient le livre sur son giron et incline la tête, menton sur la poitrine, le lecteur a décidément tout du pendu ! Frères lecteurs qui après nous vivez…

Restauration: Ces objets ont, tout de même, une réalité matérielle, très matérielle; forme, poids, matière, odeurs; leur manipulation et en particulier la restauration c'est un des grands plaisirs qu'ils me procurent... Borges qui a pourtant été bibliothécaire dit qu'il n'aime pas particulièrement les livres en tant qu'objet, et spécialement pas ceux des bibliophiles; sans doute n'aimait-il aucun objet (livre, tigre, poignard, miroir..) pas même sa canne de malvoyant.
Qu'est-ce qu'on y trouve, à l'intérieur? Du sable dans les pages (on lit beaucoup sur les plages): ça, ça fait du mal à la reliure; des traces de nourriture collée, un rond de tasse de café  -criminel !- mouches, crottes de mouches ou fleurs séchées entre les pages, vieilles photos, cartes postales, signets, tickets de métro ou de train, ou de caisse avec ou sans adresse ou message griffonné etc. Et toujours cette recommandation: pas de ruban adhésif !
Cette manie, écrire dans les marges, souligner au crayon.. ou au stylo, comme pour améliorer ou recomposer le texte: pourquoi ne pas rayer ou carrément refaire au moyen d'un caviardage de masques noirs, un nouveau texte plus dense, sinon tout à fait différent: une idée souvent caressée que je n'ai pas encore réalisée...

Rêves 1: Je me suis un jour réveillé d'un cauchemar en criant " Personne n'a le droit de dire que je n'aime pas les livres!..." personne ne m'avait rien dit de ce genre et je me demande d'où venait cette riposte fougueuse ...

Rigide: comme la morale, il est rigide ou souple, et s'il est rigide à l'extérieur, il est souple dedans (les pages)... Certains livres sont raides, mais raides comme une pente. D'autre part, rigide rime avec André Gide et avec frigide, qu'y a-t-il à en tirer?

Roman: Ma vie est un roman qui m'intéresse beaucoup. Berlioz. Ma vie, quel roman. Napoléon. Le Roman de la momie, le Roman de Renart, et jusqu'à l'Art du roman de Kundera... En anglais novel, novela en espagnol…

jeudi 6 mai 2010





Salle: ma femme a crée une salle de lecture dans notre village, ce n'est pas une bibliothèque et elle s'appelle "Chien Bleu" en hommage à un très beau livre écrit et peint par Nadja. Nestor, un collègue, en a fondé une autre à Nezahualcoyotl ; lui, un accident d’auto l’a transformé, de comptable à conteur (en espagnol : de contador a contador, ou cuenta-cuentos...).
Sélection: combien de facteurs opèrent les choix dans nos lectures! Le fameux "Vu à la télé" n'a jamais pour moi joué un rôle fondamental, par faute d'argent. Mais les marchés aux puces, mais les bouquinistes et les livres d'occasion, le Père Noël et les ventes de garage et ceux déposés ou échangés dans les hôtels, plus rarement donnés ou prêtés par les personnes ...
Sélection du Readers Digest, difficile d'y échapper quand on aime tellement lire. J'y ai trouvé pas mal d'inspiration vers 10-12 ans, malgré tout, et certains titres m'ont marqué pour longtemps. Exemple: Médecin, rien que médecin.
Sens: Ce livre n’a aucun sens ! Évidemment il y a un sens de la lecture, mais on peut revenir en arrière, par tronçons. On peut lire en diagonale, il y a même des écoles pour ça, ou entre les lignes. Et enfin il y a les vers* qui lisent en profondeur et en travers.
Sexe: pages qui s'ouvrent comme des jambes, odeur du livre neuf dans lequel j'aime fourrer mon nez, liste des livres lus qui en contient bien "mil e tre!" Rien à voir certes avec la masturbation, même si on le dit vice solitaire.
Nés des arbres, comme des arbres: livraison égale floraison; les revues donnent une idée parfois attractive des oeuvres à paraître, qui seront les fruits, paradoxalement plein de feuilles.

Spécimen: le tampon sur les livres d'instituteurs... ce qui se passe c'est que ce n'est jamais le livre du programme.


Suivi de: Ah les titres! Étude en rouge suivi du Signe des quatre (Conan Doyle), Huis clos suivi des mouches (Sartre). Dans le deuxième cas, on peut comprendre que les mouches suivent, mais.. Il y a aussi le "ou" qui divise en deux comme dans Candide ou l'optimiste, Amédée ou comment s'en débarrasser, et tant d'autres de même structure. Et les années: comme dans "Trois ans chez les papous" ou comme dans l'improbable " Quarante ans dans un mur ou la vie d'une brique" un des préférés -quoique imaginaire- de ma grand-mère.
Autre série: ces... que, ou ces... qui: Ces malades qui nous gouvernent, Ces animaux qu'on dit sauvages, ce......
On a aussi la formule de «la vie mode d’emploi » de Perec, mais elle n’a pas fait naître d’autres romans ; plutôt d’innombrables articles vaguement sociologiques (genre La gauche, mode d’emploi), et des manuels, bien sûr.
Autres titres dont les sonorités restent gravées dans ma mémoire, pour diverses raisons: Éthique à Nicomaque, ça sonne bien, non? Et encore, celui-là, d'Aristote, existe, mais il y a ceux qui existent dans une réalité parallèle, au deuxième degré, évoqués dans une fiction, comme le Necronomicon (de l'arabe fou abdul arhazed) maintes fois mentionné par Lovecraft ou lettura d'eprahi bien connu d'Antonin Artaud. Et enfin cette encyclopédie pas trop britannique (?) où Borges trouve Qlon Ukbar Orbis tertius...
Support : Il y a le papier, matériau classique : mais on n’a pas toujours lu et on ne lit pas toujours sur du papier ou sur un écran ; On a lu sur de la pierre, sur de l’écorce, sur de la peau, sur de la cire, sur du plomb, que sais-je encore ! On lit sur les murs, sur des panneaux fixes ou mobiles, sur les routes, sur le sol, sur les vitrines sur les t-shirts et même dans le ciel.
Je lis les bouteilles de vin (l’indispensable seconde étiquette : né sur des sols argilo-calcaires sous le soleil généreux de la Provence… convient pour le dessert ou les viandes grillées.)
J’ai lu les billets de banque, les tickets de métro, les pièces de monnaie, les plaques d’égout,
Des écrans des cadrans des portulans des notes sur le frigo des modes d’emploi des étiquettes des timbres des sceaux des tampons des ardoises
On lit son chemin sur les cartes, son avenir dans les cartes.
On lit sur les mains, sur les visages, dans le café, dans les nuages…
Et on lit beaucoup sur la nourriture… oui !
Ça commence avec les gâteaux d’anniversaire –texte limité, répétitif, en général écrit en cursive, bien sûr- il y a la soupe de lettres, ces petites pâtes vermicelles en alphabet, qui forment rarement un mot intelligible au fond de l’assiette (sauf hasard littéraire ou influence extraterrestre ; Et dans la même lignée alimentaire, il y a les « galettes de la chance » des restaurants chinois, mais où le texte finit quand même sur un ruban de papier.
.et relativement à mon sujet, lire sur la nourriture, il y a le biscuit. Le biscuit qui s’impose dans ce cas, c’est le biscuit « LU », bien sûr… c’est d’ailleurs un des supports que, comme tout le monde, j’ai eus pour lire: des gaufrettes ; proverbes, dictons, prédictions.. On construisait même des dialogues en échangeant ou juxtaposant les biscuits qui comportaient bien à propos les questions et réponses (« voulez-vous ? », « Pas aujourd’hui ! »)

mardi 4 mai 2010

T,U















Table des matières: voir index. Voir sommaire.
Titres: Je viens de lire -avec un grand retard- un roman qui me fascinait par son titre depuis longtemps: "Un cantique pour Leibowitz", de la S.F. américaine, qui remonte à 1959 environ... Histoire d'un monastère post-apocalyptique (?), bien... Mais ca m'a surtout donné envie de parler des titres... à suivre.
Toilettes: Quand on dit: “c’est occupé!” C’est souvent nous qui sommes occupés, à lire. Si toutes les toilettes du monde se donnaient la main, quelle bibliothèque! Oui, il y aurait beaucoup de revues et de magazines, et des journaux jamais du jour, dont les pages ne finissent pas toujours dans la lecture.
Proximité dangereuse de deux des principaux usages du papier -le plus noble et le plus vil ?- dans la civilisation occidentale; une troisième étant la monnaie.
Tort : oui, ils peuvent faire du tort ; de deux façons : soit par leur contenu, corrupteur de la jeunesse, par exemple, ou offensant pour leur sujet, dégradants pour leur auteur… Quelques cas: Les Fleurs du Mal, Don Quichotte ou Madame Bovary …etc. soit en tombant sur les pieds, ou sur la tête du lecteur.
Traduction: Il y en a qu’on possède ou connaît en plusieurs langues; et si on a fait quelque travail de traduction, il y a bien des motifs de ricanement, de doute, de scandale ou de franche rigolade.(exemples à insérer) Par exemple, les titres…
Simon me parle aujourd’hui d’un passage très beau d’Asturias où il parle de la terre odorante du Guatemala comme d’une chair de femme; l’original espagnol dit-il carne, ce qui ferait plutôt penser au beefsteak ? Mais un de mes préférés c’est dans un roman de Lovecraft en 10×18 placé, qui plus est, sous l’égide de Cocteau: quand le héros disparaît au fond d’une terrible et obscure galerie, ses derniers mots sont “si long!” on pourrait croire qu’il parle du fil électrique qui le relie à la base, ou de la longueur du tunnel où il s’enfonce; mais non, il s’agit juste d’un adieu ! ” So long!”






Usage: En principe c’est un objet pour lire; mais combien d’autres usages! Jusqu’à caler le pied d’un meuble; classique, oui, mais on peut citer ce roman de Tahar Ben Jelloun où un pied de lit se trouve calé par un dictionnaire + une machine à écrire, et où ces deux objets se mettent à produire sous la pression du lit, du texte, du texte !
Un livre c’est pour offrir, pour frimer, le volume posé sur la table en s’arrangeant pour que les autres voient le titre, pour draguer en essayant de lancer la conversation sur un goût commun. Dessin de Sempé: “depuis que j’ai déménagé - un plus grand appartement -, j’ai l’impression d’être moins cultivé. “
Dans certains “polars”, on recommande un bon annuaire, dans un interrogatoire musclé, pour frapper sur la tête sans laisser de trace.
C’est aussi un objet défensif : dans combien de romans ou de feuilletons la balle fatale est-elle stoppée par le volume (une bible, pourquoi pas !) oublié dans la poche de poitrine, juste à l’emplacement du cœur !
Préférons l’annuaire téléphonique de Paris (mais quelle année?) que trimballait toujours le jazzman Erroll Garner, pour s’adapter aux tabourets des pianos de rencontre, paraît-il.
Autre usage, la bibliothèque au mètre! Ça vaut du papier peint.
voilà pour u. Passons à V.

V,W, ca fait penser à une voiture...

V et W:


Verne Jules : C’est vaste… Au hasard, L’épave du Cynthia, Un Drame en Livonie. Michel Strogoff: “regarde de tous tes yeux, regarde!” (Et les larmes vont protéger ses yeux de la lame chauffée à blanc.. inoubliable…)
Vers: il y a bien sûr des livres de vers, (acceptez ce r’cueil de mes poésies) mais je voulais parler des vers de livre, ces petits animaux qui lisent dans le mauvais sens, à travers les pages: ça c’est de la lecture à la fois profonde et rapide, même pas en diagonale ……ces pensées de Marc Aurèle trouvées aux puces de Montreuil, un vrai gruyère, un terrier de taupes… L’histoire sordide de Dante Gabriele Rossetti qui fait rouvrir la tombe de son aimée pour récupérer le livre de vers qu’il avait enterré avec elle…
Les vers, c’est de la lecture en tunnel, rapide et abrégée comme les chemins percés par le métro dans la ville, on va vite mais, quand même, on ignore ce qu’il y a en surface. Nietzsche voulait des lecteurs vaches c’est à dire ruminants, mais ça c’est autre chose. Et il y a des bouquins qu’on ne digère pas.
Un autre ver étrange, c’est un personnage de Lautréamont, mais ce n’est que le produit d’une illusion d’optique.
Vice: la lecture, ce vice impuni. Pensant à vice, je repense au Marquis de Sade, et en particulier à l’endroit (l’endroit?) où il cachait son manuscrit. Si je peux me permettre, ça c’est ce qu’on peut appeler un “livre de cul”!
Vie: il vient toujours ce moment tragique où l’on se retourne vers eux avec reproche et ou l’on questionne:- ” mais ce n’est pas comme dans les livres, ça, je ne l’ai pas appris!” Entre le Rouge et le Noir et nos propres peines, il y a toute la distance indécise entre la littérature et notre propre corps. Se sentir trahi par l’impuissance, voire les mensonges de mes guides chéris, c’est un moment important aussi. C’est toujours par un ami qu’on est trahi, bien sûr. De même que j’ai appris à quatre ans que les adultes ne savent pas toujours la vérité, j’ai découvert à l’occasion des premières peines d’amour - en particulier- que les livres ne préparent pas vraiment à tout. Réflexion faite, je suis peut-être injuste: si on a vraiment de bonnes lectures, il peut même se passer le contraire: dans la douleur, dans le drame, se reconnaître comme un personnage de roman, ça peut aider.
Vol: jamais volé de livre, sauf involontairement à une bibliothèque publique ou à un ami (en tardant indéfiniment à le rendre, et alors il aurait été de mauvais goût de le faire - par exemple ces œuvres choisies-complètes de Poe, Ed. Penguin, dos rouge orangé, avec un détail de corbeau gris et noir de Odilon Redon en couverture: désolé, Marc). J’ai, un jour (il y a 24 ans, et j’ai le livre dans la main au moment d’écrire ceci) dans un hypermarché, changé l’étiquette de façon à payer moins cher un bouquin de Cioran (Histoire et Utopie, 2 francs au lieu de 39.90 !quelle audace!..). Vol de nuit, Vol 714 pour Sydney, choisissez !
Vol 2: Et il y a toujours un moment où l’on vous représente un livre sous la forme d’un oiseau ouvrant ses ailes ou planant dans les airs à la Folon…. C’est très poétique, mais ça ne me dit rien. Les volumes qui volent, ça use la reliure, ça abîme les pages: c’est mauvais, ces beaux oiseaux en réalité perdent vite leurs plumes ; d’autre part en général ils volent mal car asymétriques (un livre n’est ouvert à la page centrale qu’une fois dans une lecture, le reste du temps il est plus lourd d’un côté)
Vol. 3: Pour volume trois. Tome c’est mieux. C’est une division. Certains sont comme une armée, pleins de divisions et subdivisions: tomes, chapitres, paragraphes, alinéa etc. Le livre finit par avoir autant de ramifications, sinon autant de feuilles, que l’arbre d’où il provient.
Volume: quel volume? En géométrie c’est en gros un parallélépipède mais en général le dos et la tranche sont des demi cylindres convexes et concaves; beau livre en un fort volume in-8, opuscule, précis, essai, somme, pavé, ouvrage, feuillet, brochure, roman, recueil, ana, manuel, anthologie, guide etc… Comme par hasard, en général, c’est abrégé en « vol. ».
Voyages: inséparable, puisque la lecture elle-même est un voyage –et le voyage une lecture. Et les livres de voyages, quel monde ! Les voyages extraordinaires, c’est le nom de la série des Verne, bien sûr. Il y a aussi les guides (vade-mecum, baedecker, michelin, du routard, lonely planet et bien d’autres).
Vrai: un vrai L*** (j’utilise cette subtile abréviation pour ne pas répéter livre, livre, livre tout le temps) est - ou devrait être- universel, c’est-à-dire accessible à tout être humain (avec un peu d’efforts et une bonne possession de sa propre culture, pour commencer), ce qui justifie les index et autres notes en bas de page. Bien sûr, le lecteur est un interprète, et c’est comme si je disais qu’il suffit de jouer les notes dans l’ordre pour interpréter une sonate de Mozart ou Gaspard de la Nuit.

Wagner: il avait lu Nietzche... comme Hitler, dont on vient de publier la bibliothèque privée.


Wagon: voir Bibliothèque. Et wagon-lit se trouve dans les titres, en quelque sorte au moins avec la madone des sleepings… Wagon-livre n’existe pas, dommage… tout le wagon lit, peut-on dire, mais pas le même livre: la madone des sleepings, le crime de l’orient express, Strangers in a train, et tant de scènes comme dans le film de Buñuel inspiré de la femme et le pantin, ou encore “Celles qu’on n’a pas eues”…
Genre “Eh bien, c’est étonnant mais il m’est arrivé une aventure fort semblable à celle que vous venez de nous conter; si je ne craignais de vous importuner, je me proposerais de vous la dire…” mais oui, mais oui, en avant !
Wilde, Oscar: Quitte à aller en prison, il fallait précisément que ce soit à la geôle de Reading ! De la lecture pour l’hiver.
passons à X, maintenant…

X,Y,Z fin de mon encyclopédie

X,Y et Z




Xérographie: les gravures sur bois de Lucas Cranach dans mon “Eloge de la folie”. Au départ il les a dessinées dans les marges du bouquin.

Yaourt: patiner dans le…, discours type, les mots pour les mots…. que dire qui n’ait déjà été dit, et tellement mieux, sur ce sujet comme sur n’importe quel autre! Et voilà pourquoi j’ai non pas choisi mais accepté ce mot, pour me mettre à exprimer le meilleur de moi-même, puisque finalement, et c’est bien connu, le sujet n’importe pas tant que le désir d’expression ! Alors, voilà……………….

Z: Le Zéro et l’infini, Koestler. Et puis le slogan : Zéro papier ! Illusion de l’informatique, puisqu’on a tous –ou du moins il y a dans tous les bureaux et administrations- des tonnes de papier en particulier sous la forme de manuels (Windows x…, powerpoint, et autres Superword pour les nuls ; des pages et des pages pour savoir comment se passer du papier.) Z, symbole et onomatopée du sommeil: ZZZZ… qui est le meilleur ami, le frère et le pire ennemi du livre. D’autre part, on est supposé lire de A à Z. Donc il faut finir avec Zarathoustra, Zévaco ou Zorro. Tout finit ainsi par la signature, en coup d’épée. Comme ça: tchac!
ze end…
Z.